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Cimarosa : L’olimpiade

Né en 1749, Cimarosa fut à la fin du XVIIIe siècle l’un des compositeurs majeurs de toute l’Europe. C’est dans sa période la plus féconde, alors qu’il produit des opéras à Naples, Florence, Rome, Turin, Vérone, Venise, qu’il produit son Olimpiade, créée en 1784 à Vicence. Sur le livret déjà célèbre de Pietro Métastase, ce grand opéra seria est transfiguré en un somptueux drame de bel canto. Cimarosa porte à l’héroïsme les athlètes qui s’affrontent à Olympie dans les Jeux dont le vainqueur épousera la Princesse Aristea. Sans savoir cette promesse, Megacle accepte de se faire passer pour le Prince Licida. Mais victorieux, il découvre le lot du vainqueur : Aristea, qu’il aime depuis toujours et devrait remettre à Licida… 

En apparence inextricable, l’intrigue permet à Cimarosa les airs les plus extraordinaires qui aient été composés sur ce livret parfaitement en phase avec « l’esprit d’Olympie » de l’été Versaillais. Christophe Rousset, grand défenseur du répertoire italien fin de siècle, emporte une distribution éblouissante dans cet ouragan bel-cantiste!

 


 


J’avais été très impressionné la première fois que j’ai entendu la fin du premier acte de l’Olimpiade, j’avais toujours eu en tête de jouer cet opéra un jour, et quand il m’a été proposé par Château de Versailles Spectacles, à l’occasion de la célébration des Jeux Olympiques, j’ai été absolument ravi ! Nous connaissons essentiellement Cimarosa pour ses œuvres comiques comme Il matrimonio segreto mais aussi Il marito disperato et Il mercato di Malmantile, deux opéras que j’avais dirigés avec les Talens Lyriques. 

Cette œuvre tragique qu’est l’Olimpiade est étincelante du point de vue de la virtuosité technique, mais on y trouve également une expression très tendue, les passions clairement mises en musique. Tout ce travail rend la musique de Cimarosa absolument exquise et nul doute qu’elle sera parfaitement mise en valeur par deux virtuoses que je me réjouis de retrouver : Josh Lovell et Rocío Pérez, les autres chanteurs fidèles des Talens Lyriques comme Maité Beaumont, Sophie Harmsen, Marie Lys puis Alex Barmfield, jeune ténor récemment découvert. Revenir à cette musique napolitaine et à ce style classique, c’est comme se replonger trente ans en arrière, aux débuts des Talens Lyriques quand nous enregistrions Armida abbandonata de Jommelli ou Antigona de Traetta. 

 

Christophe Rousset

 

 

 

Avec le soutien exceptionnel de l’ADOR – les Amis de l’Opéra Royal