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!!! Lully – Charpentier : Te Deum

Avec son Te Deum, le Surintendant de la Musique du Roi signe une partition considérable, qui fixe un genre “officiel” pour un siècle. C’est le 9 septembre 1677, en la Chapelle de Fontainebleau, que Lully dirige son Te Deum, composé pour le baptême de son propre fils aîné, en présence de Louis XIV, parrain de l’enfant. L’œuvre est à la mesure de l’évènement : chef-d’œuvre d’architecture musicale, l’effectif imposant requiert trompettes et timbales. Le Te Deum resta l’œuvre religieuse la plus jouée de son temps : mariage princier, victoire militaire, guérison du roi… 1677 est l’année des créations les plus somptueuses de Lully, composées pour un monarque au faîte de sa gloire, dont la tragédie d’Atys qui devient “l’Opéra du Roy”. De la dizaine de représentations du Te Deum dirigées par Lully, l’histoire n’a retenu que celle de l’église des Feuillants, qui causa la mort du compositeur en 1686 : c’est en battant la mesure, qu’emporté par le zèle il se perça le pied avec le bout de sa canne. Lully décéda de la gangrène le 22 mars 1687, mais son aura resta intacte jusqu’à la fin de la monarchie.

Charpentier est l’Ange de la musique baroque française, mais il sut tirer profit des quelques années passées en Italie dans sa jeunesse pour renforcer son sens de l’apparat autant que sa sensibilité. On entendait en effet à Rome des musiques démonstratives, colorées et profondes, à grand effectif réparti dans l’espace de l’église. Du côté français, Lully avait dès 1661 placé le Grand Motet au niveau d’une œuvre monumentale : le surintendant de la musique de Louis XIV produisit ensuite plusieurs chefs-d’œuvre requérant toutes les forces musicales disponibles. C’est dans cette veine de la Pompe Versaillaise que Charpentier écrivit le Te Deum qui devait le faire connaitre au XXe siècle : jouée pour la victoire militaire de Steinkerque en 1692, sans doute en l’église Saint-Louis-des-Jésuites dont Charpentier était le maître de Chapelle, cette œuvre qui glorifiait les Armes du Roi eut un grand succès, mais ne devait cependant jamais être jouée devant Louis XIV. Depuis sa redécouverte, cette puissante fresque dont le prélude s’ouvre aux rythmes martiaux des timbales et des trompettes symbolise à elle seule le Grand Siècle des arts, mais aussi des conquêtes, de Louis XIV.