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Haendel : Ariodante

Considéré comme l’opéra le plus parfait de Haendel, Ariodante compte quelques-uns des airs les plus célèbres du répertoire baroque. Pourtant, ce n’est qu’en 2018 que William Christie et Les Arts Florissants ont interprété pour la première fois ce pur chef-d’œuvre, qu’ils retrouvent ici pour une nouvelle production placée sous le signe de la jeunesse. 

Inspiré de l’Orlando furioso de l’Arioste, le livret nous plonge dans l’Ecosse médiévale, où les amours du chevalier Ariodante et de Ginevra se voient contrariés par les manigances du sombre Polinesso. Mais un retournement final viendra sauver le héros du désespoir et de son aveuglement, dans un « happy end » inattendu… 

« Limite et liberté » : tels sont les deux critères qui animent William Christie, pour redonner l’éloquence et la vitalité à cette œuvre écrite avec un soin particulier par Haendel. Le compositeur devait en effet s’assurer de la reconnaissance du public londonien, malgré la concurrence d’une nouvelle compagnie qui lui ait pris ses stars… Cette attention apportée aux parties vocales – avec de grands airs d’une extrême exigence – se retrouvait aussi du côté de l’orchestre, dont la virtuosité a su éblouir les auditeurs. Faute de véritables indications sur la partition, comme il est courant de l’observer à l’époque, William Christie se posera de nouveau en historien visionnaire et en peintre des émotions, engageant chanteurs et instrumentistes des Arts Florissants dans une palette de couleurs riche d’effets et de sens. Le spectateur de 2018 se souviendra de la beauté irrésistible de cette œuvre ; celui de 2023 découvrira un chef-d’œuvre plus vibrant encore.

Pour cette nouvelle production, William Christie retrouve l’une de ses jeunes protégées devenue étoile, la mezzo-soprano Lea Desandre. Si cette dernière a souvent interprété les plus grands airs du rôle-titre en concert, c’est la première fois qu’elle chantera l’opéra complet dans une version mise en espace par le metteur en scène Nicolas Briançon, bien connu des scènes parisiennes. Avec à ses côtés, la soprano suisse Ana Maria Labin pour incarner Ginevra, ainsi qu’une pléiade de jeunes chanteurs lauréats du Jardin des Voix. 

Avec le généreux soutien de Aline Foriel-Destezet